Et de six qui font quatorze 

Bousculés comme rarement cette saison, Nanterre 92 est parvenu à s’extirper du piège tendu par les Chalonnais pour signer un sixième succès consécutif (88-82), série en cours. Après 18 journées, le club des Hauts-de-Seine profite des revers de Paris et de l’Asvel pour occuper seul la 2e place du classement (14-4). 

« C’est un match qu’il a fallu gagner plusieurs fois », a bien résumé Julien Mahé après la rencontre. Son équipe avait pourtant réussi une entame de haut vol, menant 15-5 après 5 minutes de jeu grâce notamment à une belle adresse derrière l’arc (5/6 sur la période) et une domination à l’intérieur (43-31 au rebond, 48 pts dans la raquette). Après un temps-mort pris par Elric Delord, l’écart se réduit légèrement (15-11) mais nos joueurs accélèrent de nouveau pour mieux étouffer un Elan dépassé (6 ballons perdus au Q1). Dans la zone, les coéquipiers de Len Schoormann (16 pts) infligent un 12-0 aux Chalonnais, prenant déjà 20 pts d’avance à l’issue des dix premières minutes (33-13). « Le problème, c’est qu’on est resté dans le bus et que l’on a commencé à jouer à partir du deuxième quart-temps », réagira le coach de Chalon.

Une adresse en berne 

L’intensité redescendra d’un cran au cours du 2e quart-temps. Profitant d’un certain relâchement de son hôte, Chalon réduit l’écart (44-34 à la 17e). Paul Lacombe de loin, puis Schoormann au dunk, font parler la poudre. Si Chalon domine ce 2e acte (26-17), l’éclat pris en début de match confère à Nanterre une avance de 11 pts à la mi-temps (50-39). La seconde mi-temps démarre timidement pour notre équipe (3 pts en 4 minutes), les visiteurs reviennent à deux petits points (56-54 à la 27e). Les Nanterriens gardent toutefois leur calme. Une claquette de l’indispensable Donta Scott (14 pts, 7 rebonds) redonne un peu d’air à son équipe (64-58 à la 30e).

Sene distribue les caviars 

Sous les yeux de Bouna N’Diaye, l’agent de Victor Wembanyama, Chalon parvient à égaliser (74-74 à la 34e). Jouant pleinement son rôle de 6e homme, le public du Palais des Sports pousse alors son équipe, qui fait preuve d’une maladresse inhabituelle (45% au tir, 59% au lancer-franc). Chalon retombe dans ses travers et perd plusieurs ballons précieux. Auteur de 12 assists (record en carrière égalé), assorties de 12 pts, Benjamin Sene (+/- de 18) envoie ses coéquipiers au dunk. Les deux équipes resteront au coude-à-coude dans le money-time, mais Nanterre 92, plus lucide, conservera logiquement son avance sur un Elan qui n’aura jamais mené au score durant les 40 minutes (88-82).

Satisfait de la prestation de ses protégés face à « la très forte agressivité défensive » de Chalon (seulement 9 balles perdues) et leur capacité à se créer des espaces offensifs (69 tirs tentés, « c’est génial ! »), Julien Mahé a également apprécié les 19 rebonds offensifs cueillis sous les cercles adverses. Sur le plan individuel, le coach a une nouvelles fois loué la basse besogne effectuée par Mitchell Saxen : « Il est tellement important pour nous, il fait des choses que les gens qui viennent au match commencent à voir (…). Il travaille pour l’équipe, il connaît son rôle à la perfection, il va continuer de progresser. » 

L’humilité de Julien Mahé 

L’entraîneur de Nanterre a en outre salué l’apport du joker Len Schoormann, auteur « d’un match de très haut niveau parce qu’il met des points (16), mais en plus il s’est coltiné Jérémiah Hill en défense, or ce dernier n’a shooté qu’à 5/15 ». Plus globalement, le coach a appelé à faire preuve de sang-froid face à l’euphorie ambiante, concédant une forme d’anomalie dans la tournure de la saison : vaincre Chalon ne relève pas selon lui « d’une logique implacable » : « que l’on batte Chalon, ce n’est pas normal finalement, et que l’on soit en difficulté, c’est tout à fait logique ».

À propos du prochain match à Villeurbanne, Julien Mahé a noté que « gagner là-bas serait un nouvel exploit ». Il a ainsi appelé à savourer l’instant présent : « Nous allons recevoir Monaco à la Paris La Défense Arena, puis nous irons à Blois en Coupe de France, et après la Leaders’Cup, que voulez-vous, c’est magnifique ! Il faut profiter de ces moments-là continuer d’avancer et nous verrons où cela nous mènera. » 

Vincent Nief