Nanterre veut rebondir en Betclic face à un concurrent direct 

« Bercy est à côté », signalait une pancarte brandie par les supporters nanterriens peu avant le coup d’envoi, incarnant les espoirs du peuple vert de retourner en finale de Coupe de France neuf ans après la victoire face au Mans (96-79). Mais pour la troisième fois cette saison, les coéquipiers d’Elie Okobo ont pris le dessus sur notre équipe (83-88), s’offrant le droit d’affronter Le Mans dans un remake de la dernière finale de Leader’s Cup. Les hommes de Julien Mahé doivent se remobiliser avant d’accueillir Strasbourg dimanche (19h, DAZN) pour le compte de la 22e journée de Betclic.

Pour le deuxième match de Sergii Gladyr comme coach principal depuis le départ de Vassilis Spanoulis, c’est une Roca Team format small ball, avec Juhann Begarin et Jaron Blossomgame contraints de défendre sur des intérieurs bien plus grands qu’eux, qui s’est présentée au Palais des Sports. Si les locaux ont logiquement gagné les bataille du rebond (43 prises à 33) et des points inscrits dans la raquette (42 à 32), ils se sont jamais parvenus à déséquilibrer une équipe en mission, dont les cadres ont largement répondu présents. Contrairement à Nanterre 92 : « Je n’ai pas le sentiment qu’on les a vraiment inquiétés », a concédé Paul Lacombe à l’issue de la rencontre. « Dans une demi-finale de Coupe de France à domicile, où l’on n’avait pas grand-chose à perdre contre la meilleure équipe du championnat de France, j’espérais qu’on ait un niveau d’agressivité et d’intensité bien supérieur », a renchéri Julien Mahé, pointant en particulier des lacunes en défense : « Ce n’est pas normal qu’ils n’aient pas besoin de faire plus de deux passes pour trouver un shoot ouvert, a-t-il persiflé. Et puis, on a fait beaucoup trop de fautes sur les tirs, donc cela leur donne beaucoup de lancers francs (27 ) ».

L’impact de Roko Prkacin 

Monaco, qui aura mené au score tout au long du match, prendra le meilleur départ (13-7 après 5,30 min) malgré une entame solide Dossou-Yovo (8 pts au Q1). Le leader de Betclic prendra 10 pts d’avance (22-32 à la 13e), avant que Roko Prkacin (18 pts, 28 d’évaluation), très précieux sous les cercles (9 rebonds, dont 5 offensifs), ne réduise l’écart. Sur une flèche de loin de Lucas Dussoulier, Nanterre parviendra à revenir à 34-34 à la 17e, mais ce sont les hommes de Gladyr qui restent en tête à la pause (45-39).

Retour convaincant de Jeremy Senglin

« Très déçu » par « la manière » dont s’est jouée cette demi-finale de Coupe de France, Julien Mahé a notamment regretté les entames de chaque mi-temps. En référence notamment au terrible 16-3 infligé par la Roca Team en début de 2nde période (42-61 à la 24e). Jeremy Senglin (12 pts, 4 assists) a signé son retour à domicile après trois mois d’absence par trois paniers primés, dont un step-back du parking dont il a le secret. Mais comme à chaque fois dans cette rencontre, les visiteurs repoussent leurs hôtes et conservent un léger matelas d’avance (76-82 à la 37e). Le public pousse, en vain. Mike James et ses comparses plient la fin de match et brisent le rêve de revoir Bercy (83-88). 

En embuscade, Strasbourg privée d’un joueur majeur à Nanterre

Pour Julien Mahé, « cette demi-finale arrivait un petit peu tôt » après une coupure liée à la fenêtre internationale qui aura « fait très mal » à notre équipe en raison des nombreux absents (7). « Nous avons besoin de retravailler avec tout le monde », a souligné le coach, notamment avec Senglin, qui doit « retrouver ses repères » après une longue indisponibilité. Premier élément de réponse ce dimanche au Palais des Sports face à une formation de Strasbourg victorieuse de 4 de ses 5 derniers matchs de Betclic, mais vaincue la semaine dernière par Dijon (96-98) sur un buzzer-beater de David Holston. Quatrième au classement (14-6), la SIG, qui s’était imposée au match aller (84-74), sera toutefois privée de Gabe Brown, touché à la cheville. Un vrai coup dur au regard de l’apport de l’ailier américain, qui score 15 pts par match. 

Les ambitions de Paul Lacombe

Nanterre se doit de réagir pour finir la saison le plus haut possible et aborder les playoffs avec sérénité. « Avec tout ce que l’on a fait depuis le début de saison, avec le calendrier que l’on a devant nous, très honnêtement, il serait dommage de pas finir dans le top 4, ne serait-ce que pour bénéficier de l’avantage du terrain en quart de finale », a lancé Paul Lacombe. L’arrière international sait toutefois que son équipe, « passée sous les radars » depuis le début de la saison, est désormais attendue. « On le ressent dans notre jeu offensif, on est bien plus scoutés, on nous pose beaucoup plus de problèmes, les adversaires défendent sur des aspects du jeu qui nous font mal. On l’a vu notamment face au Mans et Monaco, et ce sera sûrement pareil avec Strasbourg. Donc à nous de nous adapter à nous de franchir un cap si on veut finir cette saison du mieux possible. »

Vincent Nief