Vivory, l’homme à tout faire  

En avril dernier, l’AS Joliot Curie a décroché son premier titre de Champion de France UNSS en battant Cholet en finale. L’équipe est constituée entièrement de licenciés de Nanterre 92, U18 Région et Département. Rencontre avec son entraîneur Vivory Le Pahun, un enfant du club qui porte haut les valeurs du club auprès de nombreux jeunes.

Peux-tu te présenter ? 

« J’ai 29 ans, je suis l’entraîneur principal des U15 régions, assistant des U15 France et des seniors Région à Nanterre 92. J’ai fait toute ma scolarité à Nanterre. Je suis un enfant du club, j’ai commencé le basket avec comme entraîneur Michaël Allard, qui est actuellement le directeur du centre de formation et directeur technique de Nanterre 92. Avec 3 matchs le week end, cela me prend beaucoup de temps, mais comme les gars que j’entraîne sont des amis, souvent après les matchs, on en profite pour aller se détendre. 

Parallèlement, je suis je suis assistant d’éducation au lycée Joliot Curie, où j’ai un contrat de 30 heures par semaine. Je m’occupe aussi de l’internat de l’équipe U18 France, ce qui me permet voilà d’avoir un logement sur place, c’est plus simple pour jongler entre mes différentes équipes. Maître d’internat, c’est vérifier si les gars sont bien rentrés, s’il n’y a pas de souci en termes de logistique dans les chambres, et bien sûr gérer un peu les repas sur la semaine. »

À quand remonte ta passion pour le basket ? 

« Ma mère m’achetait beaucoup de cassettes ou de films liés au basket, dont des highlights de Michael Jordan, mais aussi Space Jam. J’ai grandi avec ces DVD et cela m’a donné envie de m’inscrire au basket. »

Quel a été ton parcours de joueur avant de coacher ? 

« J’ai joué dans quelques clubs en Île-de-France (Versailles, Houilles, Marly-le-Roi, Paris 14) puis je suis parti en Bourgogne, à Louhans. Je jouais poste 1 ou 2, mais j’ai subi une rupture du tendon d’Achille et je n’ai pas repris en club. J’ai encore des petits restes au tir à 3 points, mais je suis un peu rouillé quand même… »

C’est alors que tu t’es assis sur un banc ?

« Oui, j’ai coaché une année à Chalon-sur-Saône où j’ai passé un BPJEPS, avant de rejoindre le club de Paris 14 pendant deux ans. Ensuite, je suis revenu à Nanterre, où j’ai d’abord eu les U15 et les U20 masculins pendant trois ans, avant de passer sur les catégories U15. J’ai validé trois BPJEPS, plus le DETB, le diplôme fédéral d’entraîneur territorial de basket, qui me permet de coacher en National 3. »

Comment définirais-tu ton style de jeu ? 

« J’ai été longtemps fan des Spurs à l’époque de Tony Parker, dont j’aimais beaucoup les spin moves et les floaters. Après, j’ai été très fan des Golden State Warriors, c’est l’une des seules équipes dont je regardais les matchs la nuit, parce que je suis aussi vraiment très fan de Stephen Curry. »

Tu consommes beaucoup de basket pour t’inspirer ? 

« Oui, quand je regarde un match d’EuroLeague, j’essaie vraiment de comprendre tout ce qui est mis en place. Et quand je vais voir un match de Nanterre au Palais des sports, c’est pareil. J’essaie vraiment d’analyser les rotations défensives, ce qui est proposé en attaque. J’ai même regardé les matchs de la Belgique, coachée par Julien Mahé, et je voyais qu’il y avait des similitudes avec le jeu de Nanterre.

J’aime beaucoup ce style de jeu où la balle voyage beaucoup, où les rotations défensives vont très vite, où l’on sort fort sur les écrans etc. Il y a quelques semaines, on a eu la chance, les coachs, d’avoir un colloque de Julien Mahé, c’était franchement cool. »

Le lycée Joliot-Curie de Nanterre a remporté cette année le titre de champion de France UNSS (Union nationale du sport scolaire) en battant Cholet en finale au bout d’un long parcours. Raconte-nous cette aventure.

« Déjà, il n’était pas prévu que je coache l’équipe UNSS, mais en l’absence de professeur d’EPS spécialisé dans le basket, le proviseur du lycée m’a fourni une attestation pour me permettre d’intervenir auprès de l’équipe sur mes heures de contrat. L’équipe est formée d’un mix de jeunes du club, qui se connaissent car plusieurs d’entre eux déjà joué ensemble en U13 et U15. Comme ils sont dans le même lycée, c’est vraiment une bande de potes, donc je n’ai pas eu besoin de faire un travail de cohésion. C’était plus à moi de m’adapter

Il a fallu passer par trois gros tournois avant de pouvoir se qualifier pour les championnats de France. On a notamment joué un match difficile à Courcouronnes à 09h du matin, les gars n’étaient pas forcément bien réveillés, donc on s’est fait un peu peur. Après, pour les finales interacadémiques, on a déroulé. Le tournoi était organisé au gymnase du collège Jean Perrin de Nanterre.

La phase finale du championnat de France s’est déroulée à Cahors. Nous étions dix joueurs, plus un arbitre et deux professeurs d’EPS, Julien Lacombe et Kévin Normand. Comme toutes les équipes, nous étions logés dans un camping très confortableJe pense que nous avons été l’équipe la plus sérieuse sur les heures de coucher. Les gars ont été assez intelligents pour se préserver et en même temps se faire plaisir aussi. Il y avait un peu une ambiance village olympique, c’était vraiment sympa. En termes d’organisation, l’UNSS a franchement bien géré.

Sur le parquet, les matchs se déroulaient en 4 périodes de 8 minutes. Les deux premiers jours, c’étaient les matchs de poule. Les troisième et quatrième jour, on a joué les quarts et demi-finale. Sur les deux derniers jours, c’est la finale et les matchs de classement. 

On a été plutôt moyens, voire pas bons sur les premiers matchs, mais je trouve qu’on a progressé pendant tout le tournoi et c’est ça qui était intéressant. On a perdu un match de poule contre Rouen, que tout le monde voyait comme la meilleure équipe du tournoi. Les gars de l’équipe s’étaient vraiment pris de sympathie pour nous, il y a eu beaucoup de respect sportif.

« En finale, on avait l’impression d’être à Romain-Rolland un samedi soir … »

Puis, on a joué un quart de finale contre Mulhouse qui était vraiment une très bonne équipe, avec certains joueurs qui jouent en U18 France. Pour moi, c’est le plus beau match du tournoi. Avec du recul, cela nous a fait du bien de perdre ce match, même de peu : on s’est rendu compte que face à une belle équipe, on était très compétitifs mais qu’il nous manquait des petits détails. C’est ce match-là, un tournant, qui fait que derrière on peut être champion de France. En demi-finale et en finale, on gagne largement (77-59). Les joueurs de Rouen sont venus nous encourager pour la finale : on avait l’impression d’être à Romain-Rolland un samedi soir, ils ont repris un peu des chants du club, c’était vraiment une belle surprise. 

Toute la semaine, je voulais vraiment les mettre en confiance, leur montrer que quand ils sont concentrés et qu’ils sont vraiment tous focus, c’est une très bonne équipe. Il fallait aussi leur faire prendre conscience que pour la plupart d’entre eux, c’était peut-être le dernier championnat de France de leur vie, alors il ne fallait pas avoir de regrets et tout donner.

Pour conclure, comment se profile la saison prochaine pour toi ?

Ce titre de champion de France et la semaine que j’ai passée avec les garçons m’ont donné envie de coacher des U18 Région pour pouvoir bosser un peu différemment.

J’aimerais bien être à temps plein pour pouvoir coacher des équipes, c’est un rêve. Nanterre, c’est mon club formateur, mon club de cœur, donc forcément si je peux avoir une équipe championnat de France à Nanterre, c’est l’objectif. Je considère que je n’ai pas encore assez d’expérience pour pouvoir être coach en U18 France. Mais d’ici quelques années, l’objectif est d’être coach principal au niveau U15 France ou U18 France. »

Vincent Nief